La souveraineté numérique, c’est quoi?

La souveraineté numérique, c’est quoi?

Publié le 2026-03-04 Mis à jour le 2026-03-04

Découvre comment la souveraineté numérique est un enjeu mondial, mais qui touche particulièrement le Québec.

On l’entend dans les discours politiques, les médias et les coulisses des ministères; mais qu’est-ce que la souveraineté numérique, concrètement?

Avec la croissance du numérique dans notre quotidien, c’est un sujet de plus en plus discuté, et ce, à l’international. Dans cet article, on décortique le concept pour que toi aussi, tu puisses participer à cette discussion.

C’est quoi la souveraineté numérique?

Pour faire simple, la souveraineté numérique, c’est la capacité d’un peuple ou d’un individu à garder le contrôle sur sa présence numérique: ses données, ses infrastructures technologiques et son contenu culturel.

Le concept n’est pas nouveau. Il existe depuis le début des années 2000, avec la montée en puissance des géants technologiques. Au départ, ce sont des entrepreneurs, des fonctionnaires et des citoyens inquiets qui ont tiré la sonnette d’alarme. Après l’entrée en vigueur du RGPD en 2018 en Europe, les gouvernements ont cessé de discuter pour passer à l’action en matière de protection des données.

Aujourd’hui, on peut diviser la souveraineté numérique en cinq grandes dimensions:

  • 🗂️ Les données

  • 💻 La technologie et l’intelligence artificielle

  • 🏗️ Les infrastructures

  • ⚖️ La réglementation

  • 🏘️ L’économie locale

Au Québec, trois aspects sont particulièrement discutés. D’abord, la gestion des données: environ 85 % des solutions infonuagiques utilisées par les ministères et organismes publics québécois sont hébergées sur des serveurs d’entreprises américaines comme Microsoft, Amazon et Google¹. Ces données sont généralement stockées dans des centres de données situés au Canada, mais demeurent sous juridiction américaine; ce qui soulève des enjeux importants de cybersécurité et de gouvernance des données².

Ensuite, un enjeu unique au Québec: la souveraineté culturelle. Peu de plateformes populaires mettent de l’avant le contenu francophone, ce qui nuit directement à la découvrabilité des créateurs d’ici³.

Finalement, l’intelligence artificielle est un enjeu gouvernemental de plus en plus pris au sérieux: la majorité des outils d’IA disponibles sont entraînés sur des données majoritairement américaines, ce qui influence les résultats qu’ils produisent.

Le Québec, un cas unique

Le Québec occupe une position particulière en Amérique du Nord: c’est la seule province majoritairement francophone du pays et même du continent. Ici, la souveraineté numérique n’est pas qu’une question d’infrastructure ou de données; c’est aussi une question de protection culturelle et linguistique.

Le gouvernement du Québec a d’ailleurs commencé à agir. En 2025, le ministre de la Cybersécurité et du Numérique a annoncé vouloir renforcer l’autonomie numérique de l’État en réduisant la dépendance aux fournisseurs étrangers. C’est une politique de souveraineté numérique qui prévoit des investissements importants dans des solutions canadiennes et québécoises⁴.

Pourquoi le contenu québécois est-il si difficile à trouver?

Une question de volume

Le contenu québécois peut sembler sous-représenté sur les grandes plateformes américaines, telles que YouTube, Netflix ou Apple Music. L’algorithme de ce dernier évolue régulièrement afin d’accroître le temps de visionnement. YouTube ne cherche pas à promouvoir une culture en particulier, mais plutôt le potentiel de visionnement d’une vidéo. À l’échelle mondiale, le marché québécois représente environ 9 millions de personnes, contre 341 millions aux États-Unis et 68 millions en France.

Pour l’algorithme, le contenu à portée mondiale reste toujours un pari plus sûr.

Un algorithme aveugle à notre culture

Le contenu est classé par langue, par mots-clés, par pays, etc. Pour un algorithme, quelle est la différence entre le français de France et celui du Québec? Cette indistinction peut conduire à proposer davantage de contenu européen aux Québécois, simplement parce qu’il y a davantage de données numériques disponibles.

L’absence d’obligations légales

Contrairement aux médias traditionnels, comme la radio ou la télévision, YouTube n’a aucune obligation à promouvoir le contenu local. La nouvelle Loi 109 adoptée en décembre 2025 vise à pallier ce problème; le gouvernement du Québec souhaite forcer les services numériques offrant des services d’écoute de musique et de contenu audiovisuel à mettre de l’avant le contenu culturel québécois⁵.

C’est un pas dans la bonne direction, mais en attendant que ces changements se concrétisent, des solutions existent déjà et c’est exactement pour ça que Quebvid a été créé.

Quebvid, notre réponse

Les lois évoluent, tout comme les algorithmes. Cependant, ces changements peuvent prendre du temps. En attendant, la meilleure façon de favoriser la culture québécoise en ligne est de la consommer.

Quand tu découvres et regardes une vidéo d’un créateur d’ici, tu poses une action en faveur du changement. Petit à petit, collectivement, on peut changer la donne.

Comment contribuer?

  • Explore: Rends-toi sur quebvid.com pour découvrir ton prochain coup de cœur.

  • Partage: Parle de Quebvid autour de toi. Chaque visite aide un créateur à être vu.

  • Contribue: Tu connais un créateur qui manque au répertoire? Suggère-le-nous par courriel!


Sources

¹Charles-Éric Blais-Poulin - Le risque est maintenant « réel », La Presse, 1er avril 2025

²Charles-Éric Blais-Poulin - Le risque est maintenant « réel », La Presse, 1er avril 2025

³Comité-conseil sur la découvrabilité des contenus culturels - La souveraineté culturelle du Québec à l’ère du numérique (2024)

⁴La Presse - Le grand potentiel de la souveraineté numérique, 25 février 2026

⁵Gouvernement du Québec - Le Québec adopte le projet de loi no 109 affirmant sa souveraineté culturelle, décembre 2025